Biais cognitif de surconfiance et volatilité excessive

L’un des biais comportementaux auquel est fréquemment confronté le trader, est le biais de surconfiance (cf/ Ego et affirmation de soi, problématique de la domination) . Il surestime en général la qualité de l’information à sa disposition et son aptitude à la déchiffrer.

Il a alors, une illusion de contrôle sur la façon dont les marchés évoluent qui altère sa perception du risque et lui en fait même prendre davantage.

Différentes études de finance comportementale ont clairement démontré que la plupart des traders surestiment le bien-fondé de leurs connaissances. Ces individus trop présomptueux ont tendance à faire trop d’opérations car ils se considèrent plus performants que leurs contreparties.

La théorie comportementale explique l’excès du volume de transactions comme la conséquence d’un biais cognitif, en général celui de surconfiance. Le comportement des investisseurs étant souvent influencé par des routines mentales, des facteurs liés aux émotions et des erreurs de jugement.

Ils deviennent alors victimes de plusieurs biais comportementaux qui perturbent leur capacité de raisonnement. Ils ne considèrent plus alors les bases élémentaires de perte ou gain calculés mathématiquement.

L’espérance de la probabilité de succès devenant plus forte que la probabilité objective, entrainant une illusion de contrôle et un optimisme irréaliste.

Ces études concluent qu’un degré élevé de confiance excessive induit des échanges importants.

Impact sur les volumes et la volatilité

La volatilité mesure la dispersion d’une variable aléatoire autour de sa moyenne. Sur les marchés un niveau bas de volatilité signifie des écarts de cours réduits. À l’opposé une forte volatilité est le signe d’écarts importants.

Les grandes fluctuations des prix constatées ces dernières années ont amené les chercheurs à se pencher sur la notion de volatilité. L’observation et l’analyse de ces fluctuations est d’autant plus pertinente qu’elles ne sont pas sans effets en matière de stabilité économique et financière.

Des auteurs ont montré que les marchés sur lesquels exercent des opérateurs en surconfiance, présentent un niveau important de volume de transaction et une forte volatilité. Une étude menée récemment sur le marché américain a révélé que les cours du SP500 présentent une volatilité excessive par rapport à celle de leur valeur fondamentale.

L’interaction entre ces acteurs surconfiants, les investisseurs raisonnés et les teneurs de marché influe elle aussi sur le niveau de transaction des marchés.

De même, on sait maintenant que le trading en ligne incite à réaliser trop d’opérations, il apparaît donc que cette dynamique de volatilité est étroitement liée à l’excès de confiance des intervenants et leur niveau de transaction.

En conclusion

Plus la volatilité d’un actif est élevée et plus l’investissement dans cet actif sera risqué en termes de gain ou perte potentielle. C’est pourquoi je dirais que sur ce type de marché il est urgent d’attendre que la volatilité revienne à des niveaux acceptables.

D’une manière générale, la prise de décision doit prendre en compte l’exposition du capital en fonction de la volatilité du moment, l’horaire des statistiques économiques (impactant directement celle-ci) et bien sûr, le facteur temps. C’est-à-dire, la manière dont vous gérez le nombres d’heures que vous avez déjà passé devant votre plateforme sans forcément trader et qui peut vous pousser insidieusement à tenter le trade d’impulsion.

C’est ce trade qui peut vous mettre à mal et enclencher une suite de biais comportementaux entraînants des opérations excessives, soit pour rattraper une position perdante, soit par excès de confiance sur une position qui, par pur hasard, serait gagnante et vous inciterait à répéter l’opération sans qu’une quelconque part de lucidité n’intervienne dans votre comportement.

En général, dans les deux cas cela se termine mal. C’est pourquoi, je reviens sur la notion de timing et de stratégie, deux paramètres fondamentaux préalables à toute entrée sur les marchés.

D’abord la stratégie. Elle ne se fait pas au doigt mouillé, c’est la résultante d’une analyse bien menée qui vous indiquera en rapport avec votre money management les meilleures probabilités pour tenter une prise de position.

Ensuite le timing. Cela veut dire apprendre à déchiffrer les respirations du marché que vous travaillez. En fonction de l’établissement de votre stratégie, vous devez pouvoir opportunément décider d’intervenir ou non. Pour ce faire vous disposez de plusieurs outils qui pourront vous aider.

Je vous en donne quelques-uns des plus connus.

L’Écart type : Il mesure la volatilité autour d’une moyenne sous la forme d’une enveloppe encadrant les prix et peut servir à déterminer des objectifs, c’est par exemple la ligne médiane des bandes de Bollinger.

L’Average True Range ou ATR : Il sert à mesurer la volatilité du marché à un instant T et plus sa valeur est élevée, plus la volatilité est forte.

Les Volumes : Ils sont souvent (mais pas toujours) le signe d’une augmentation de la volatilité et en général il faut les associer à un autre indicateur (par exemple l’ATR) pour avoir une idée plus précise de ce qu’il est en train de se tramer.

Il existe d’autres indicateurs, comme le Relative Strengh Index ou RSI que vous pouvez expérimenter et qui est souvent utilisé, il détermine aussi les niveaux de surachat et de survente, mais attention ! Un marché suracheté peut continuer de monter et inversement.

Bons trades ! Et n’oubliez pas :

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage

 

© 2016 Francis Keyvan