Constater qu’il y a de l’incertitude sur les marchés est un euphémisme, et dire qu’ils ne sont jamais prévisibles est un fait établi.

La globalisation actuelle et l’impact d’événements d’importance ont favorisé la confusion. Celle-ci peut s’exprimer par des mouvements de prix imprévisibles et incohérents et dans votre parcours de trader vous y serez souvent confronté.

La volatilité qui engendre une fluctuation quasi incontrôlable des prix à court terme va souvent de pair avec cette incertitude et bien sûr le marché peut évoluer très rapidement pour ou contre vous.

Face à ce phénomène, si vous êtes incertain, une règle simple est de ne pas trader.

La probabilité qu’une prise de position initiée dans ces conditions aille dans votre sens est d’autant plus réduite.

Si vous décidez quand même de trader veillez alors à minorer votre exposition en gardant toujours présent à l’esprit qu’un contre-pied violent peut vous mettre en grande difficulté si votre « risk-management » n’est pas adapté au contexte de marché.

La supposition de marchés efficients est le postulat principal de la théorie financière classique. Cette efficience présume la rationalité des acteurs économiques dans leur indépendance de décision afin de maximiser leurs intérêts.

L’amplitude croissante des déséquilibres générée ces dernières années à travers l’instabilité liée aux dernières grandes crises financières, pose la préoccupante question de la validité de l’efficience des marchés.

Ces catastrophes ont montré que le comportement des intervenants pouvait être totalement irrationnel et même aller contre leurs intérêts.

Certains économistes formulent que le mécanisme de fixation des prix est par nature irrationnel et que les pratiques des intervenants peuvent l’être tout autant.

C’est, qui plus est, ce cumul d’incertitudes qui crée les profits, le gain de certains au désavantage des autres.

Il est démontré qu’en général, les investisseurs sont victimes de leur incapacité à gérer convenablement l’incertitude, l’esprit humain étant plus à l’aise avec les prévisions déterministes qu’avec les probabilités.

Cela entraine l’apparition de biais de comportement de masse, excès d’optimisme ou aversion au risque qui déstabilise les marchés.

En ce qui concerne le trader individuel, le développement inconscient de biais cognitifs ainsi que l’abandon aux émotions, comme je l’explique dans l’article « Tous nos comportements sont liés » favorisent l’apparition de comportements irrationnels et incohérents. C’est ce que la finance comportementale tend à mettre en évidence.

À ce sujet deux écoles s’opposent. Dans la finance comportementale on présuppose que les émotions sont une entrave à la prise de décision, la neuroéconomie pour sa part, considère que l’émotion fait partie intégrante d’une attitude rationnelle.

Pour ma part, je considère qu’il n’y a pas d’opposition si radicale entre les deux approches.

Si on admet que la gestion et la connaissance de l’émotionnel ainsi que de ses mécanismes inconscients créent des émotions productives, cela signifie qu’elles ne sont plus un frein à la prise de décision et qu’elles sont en quelque sorte, transformées en un outil plutôt qu’en un obstacle.

Pour conclure une petite phrase tirée d’un roman de Frank Herbert :

« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi. »

À méditer…

© 2016 Francis Keyvan